Les acheteurs chinois importent la fièvre de l'ivoire au Laos

Les ventes d'ivoire explosent au Laos en raison de la demande croissante venue de Chine, où les autorités se sont engagées à interdire le commerce d'ivoire d'ici fin 2017, d'après un rapport présenté à Nairobi par l'ONG Save the Elephants.

La Chine, le plus important marché de l'ivoire actuellement, s'est engagé à supprimer progressivement les vente d'ivoire d'ici à la fin de l'année. Mais comme les objets en ivoire restent populaires auprès des consommateurs chinois, la demande traverse désormais la frontière.

Les ventes d'ivoire ont augmenté considérablement au Laos en raison des prix bas et du non-respect des lois interdisant la vente d'ivoire, affirme Save the Elephants dans son rapport.

L'ivoire africain de contrebande est très prisé en Chine où il est considéré comme le symbole d'un statut social élevé et peut atteindre 1.100 dollars (935 euros) le kilo.

Les visiteurs chinois achètent 80% de l'ivoire vendu au Laos, selon le rapport, tandis que dans les deux principaux centres laotiens de ventes d'ivoire, à Vientiane, la capitale, et à Luang Prabang, le nombre de boutiques a plus que décuplé entre 2013 et 2016.

"Bien que nous ayons réussi à freiner le commerce d'ivoire, l'affaire est loin d'être gagnée", a reconnu le fondateur de Save the Elephants, Iain Douglas-Hamilton, lors de la présentation du rapport.

Le Laos est signataire de la Convention sur le commerce des espèces menacées (Cites) qui stipule que le trafic d'ivoire est un crime. Mais le rapport constate que les autorités laotiennes n'appliquent que très rarement les lois anti-ivoire et une seule saisie a été réalisée dans le pays depuis que la convention a été signée en 2004.

"(Le trafic d'ivoire) peut être stoppé, mais la difficulté, c'est qu'il n'y aucune application des lois dans les régions" où les Chinois achètent, a souligné Lucy Vigne,  chercheuse pour l'ONG.

Des hausses de vente d'ivoire ont aussi été observées au Vietnam voisin et dans le territoire autonome de Hong Kong où, comme au Laos, la majorité des acheteurs sont des visiteurs chinois.

Hong Kong ne prévoit de cesser le commerce d'ivoire qu'en 2021, une date que les spécialistes jugent trop lointaine pour les éléphants d'Afrique, qui continuent à être tués en très grand nombre.

Selon les experts, l'éléphant d'Afrique pourrait à court terme disparaître à l'état sauvage, victime du braconnage pour l'ivoire. Au rythme de 25 à 30.000 animaux abattus par an, la mortalité surpasse désormais le taux de natalité de cet animal qui n'a qu'un petit à la fois, après une gestation de 21 mois.

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