Une base militaire chinoise à Djibouti d'ici 2017

La Chine va disposer d'une base "logistique navale" à Djibouti opérationnelle "en principe d'ici fin 2017", a annoncé vendredi le ministre des Affaires étrangères de ce petit pays stratégique de la Corne de l'Afrique, Mahamoud Ali Youssouf, en marge du sommet sino-africain à Joahnnesburg.

"Les négociations (avec la Chine) se sont achevées. (...) C'est une base qui a pour objectif la lutte contre la piraterie, la sécurisation du détroit de Bab-el-Mandeb, et surtout la sécurisation des navires chinois qui passent par ce détroit", l'un des corridors maritimes les plus fréquentés au monde, a déclaré Mahamoud Ali Youssouf.

Cette nouvelle base "s'inscrit dans les efforts que Djibouti déploient dans la lutte contre le terrorisme et la piraterie", a-t-il ajouté. Elle sera située sur l'un des quais du nouveau port de Djibouti actuellement en construction.

La marine militaire chinoise a accompli depuis fin 2008 une vingtaine de missions au large de la Somalie et dans le golfe d'Aden, dans le cadre des efforts pour combattre la piraterie. Mais elle a rencontré "des difficultés pour les escales et les réapprovisionnements", avait expliqué fin novembre le porte-parole de la diplomatie chinoise Hong Lei.

Pour Djibouti, la Chine "est un allié stratégique supplémentaire", en plus des Français et des Américains qui disposent d'importantes bases militaires dans ce petit Etat, a expliqué vendredi Mahamoud Ali Youssouf, précisant que le président chinois Xi Jinping s'était entretenu la veille à Johannesburg avec son homologue djiboutien Ismaïl Omar Guelleh.

"Il ne faut pas voir dans la base chinoise une velléité d'une hégémonie (chinoise) sur la Corne de l'Afrique ou sur le reste du monde. Cette région est devenue un repère pour les pirates et tous les mouvements terroristes (...), donc un danger permanent qui menace (...) les intérêts de la communauté internationale", a-t-il estimé.

Interrogé sur l'annonce faite vendredi matin par la Chine d'octroyer sur trois ans 60 milliards de dollars à l'Afrique, essentiellement sous forme de prêts, le ministre djiboutien a estimé qu'il s'agissait d'une "aubaine pour l'Afrique".  

"La Chine est en train de combler un vide que les pays qui avaient la responsabilité historique de pallier à ce manque n'ont pas fait. (...) Les Africains ont attendu de longues décennies que les Européens et les autres viennent les aider dans le processus de développement, et c'est la Chine qui fait ce travail", a-t-il ajouté en remerciant Pékin.