La Chine gonfle ses muscles et accueille ses alliés du Sud

Photo DR : la plus grande parade militaire de l'histoire chinoise a eu lieu le 3 septembre à Pékin

Le 3 septembre, Pékin accueille une gigantesque parade pour le 70e anniversaire de la défaite japonaise de 1945, le premier depuis 2009, aux connotations très politiques, où elle devrait afficher sa puissance militaire et notamment pointer du doigt les exactions japonaises pendant la guerre. Les deux pays sont en effet à couteaux tirés en mer de Chine.

Environ 12.000 soldats défileront place Tiananmen qui sera survolée par 200 avions. Au total, 24 chefs d'Etat et de gouvernement seront présents, dont le président russe Vladimir Poutine, la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye et le président sud-africain Jacob Zuma. Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon ira aussi à Pékin. Six pays africains seront représentés.

Parmi les absences remarquables, celle du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un qui n'a toujours pas rendu visite à son plus proche allié. La France, comme l'Italie, dépêchera son ministre des Affaires étrangères mais les gouvernements américain, allemand et canadien ne seront représentés qu'au niveau de leurs ambassadeurs.

Le seul chef d'Etat européen présent sera le président tchèque Milos Zeman tandis que l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair assistera à la parade à titre privé.

Omar el-Béchir à Pékin

A noter la présence controversé du président soudanais va partir en Chine ce lundi, a indiqué le ministère des Affaires étrangères, un déplacement lointain et rare pour Omar el-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre au Darfour.

M. Béchir doit participer aux célébrations et rencontrer son homologue chinois, a précisé un porte-parole du ministère.

"Le président Béchir va se rendre en Chine demain (lundi) pour une visite de quatre jours", a ajouté Ali al-Sadeq devant des journalistes.

La CPI a accusé en 2009 le chef de l'Etat soudanais de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, et en 2010 de génocide, des faits tous relatifs au conflit au Darfour, qui fait rage depuis 2003.

Fin mai, la CPI avait demandé à l'Afrique du Sud, en tant que membre de la Cour, de procéder à l'arrestation de M. Béchir s'il venait au sommet de l'Union africaine à Johannesbourg.

Le président soudanais s'était rendu au sommet mais avait pu quitter le pays sans être inquiété, malgré une décision de la justice sud-africaine le lui interdisant.

M. Béchir voyage régulièrement chez ses voisins mais rarement aussi loin qu'en Chine, où il s'est déjà rendu en 2011.

Pékin n'est pas signataire du traité instituant la CPI, mais est membre du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a adressé le cas du Darfour à la Cour.

Depuis 2003, des insurgés, accusant notamment Khartoum de les marginaliser économiquement et politiquement, s'opposent à l'armée soudanaise dans la région du Darfour, dans l'ouest du pays. Ce conflit a fait plus de 300.000 morts et déplacé 2,5 millions de personnes, selon l'ONU.