Economie

Crise économique en Chine, baisse de la demande en matières premières et effondrement des cours : la boulimie chinoise en minerais africains est en train de s’éteindre. Le Japon, et surtout l’Inde, pourraient-ils prendre la place du dragon chinois ?

Profond de quatre mètres, le trou a été creusé à la force du poignet comme des dizaines d'autres alentour. Sous les coups de pelles des chercheurs d'or, une clairière défigurée évoque un morceau de gruyère en plein coeur de la forêt équatoriale gabonaise. 

L'Etat gabonais veut reprendre en main l'activité aurifère échappant à son contrôle en obligeant les orpailleurs artisanaux à lui vendre leur production. Mais cet interventionnisme tombe mal, alors que le minerai se fait rare et qu'arrivent de nouveaux concurrents chinois.

Une ambiance morose a plané sur les 6.000 délégués de "Mining Indaba", le salon annuel des mines africaines qui s'est terminé au Cap, dans un contexte de ralentissement de la croissance chinoise et de chute des cours des matières premières. 

"Si nous ne nous adaptons pas nous allons y rester", pronostique Mark Cutifani, directeur général d'Anglo American. "Les choses peuvent encore empirer avant de s'améliorer", ajoute-t-il alors que son entreprise projette de se délester de la moitié de ses 55 mines et de supprimer 85.000 emplois.

Dans le sillage des cours du pétrole au plus bas, la devise angolaise, le kwanza, a lourdement chuté en 2015, plongeant le deuxième producteur d'or noir du continent dans une crise financière qui menace la stabilité d'une société déjà rongée par la pauvreté.

La chute du cours du baril, à 28 dollars ces derniers jours contre environ 105 dollars en 2014, a entraîné le kwanza dans une vertigineuse descente: en un an son cours officiel a perdu 35% de sa valeur face au dollar.  

La première phase de la réforme du FMI doublant ses ressources et renforçant le poids des pays émergents est entrée en vigueur après des années de blocage du Congrès américain, a annoncé l'institution mercredi.

Adoptée en décembre 2010 en pleine tempête financière mondiale, cette refonte portera à terme à quelque 659 milliards de dollars les ressources permanentes du Fonds (quote-parts), dans lesquelles il puise pour accorder des prêts aux pays en difficulté (Grèce, Ukraine, Jamaïque...).

Djibouti et la Chine ont signé trois "importants accords économiques et commerciaux", portant notamment sur la construction d'une zone franche dans le pays de la Corne et en faisant une plate-forme majeure de transbordement du commerce mondial avec la Chine, selon la présidence djiboutienne.

Le premier forum co-organisé par Chinafrica.info sur le thème des investissements sino-africains s'est tenu à Shanghai le 20 janvier dernier. En présence du Consul du Nigeria, de diplomates, de la présidence de la CCIFC et d'une cinquantaine d'investisseurs sino-africains. Les intervenants ont présenté les opportunités d'investissements en Afrique pour les entreprises chinoises. Chinafrica.info était représenté par son fondateur Sébastien Le Belzic. Les entreprises MySimax, PKD Consulting et Terranga Trade ont organisé conjointement cet événement avec Chinafrica.info. 

Pays émergents frappés par l'effondrement des cours des matières premières, commerce mondial perturbé et risque de déflation: l'économie mondiale, soutenue par le colossal essor de la Chine ces dernières années, est aujourd'hui menacée par son ralentissement.

Le Fonds monétaire international (FMI) n'y va pas par quatre chemins: il a exprimé mardi son inquiétude sur les "répercussions" de l'essoufflement du géant asiatique "sur d'autres pays par la voie du commerce et du recul des cours des produits de base", peu après la publication des chiffres de la croissance chinoise en 2015.

Les importations de la Chine en provenance d'Afrique ont chuté de quasiment 40% en valeur l'an dernier, plombées par le ralentissement de l'économie du géant asiatique et reflétant la chute des cours des matières premières, selon les chiffres officiels de la douane chinoise.

Les exportations du continent africain vers la Chine sont tombées en 2015 à 440 milliards de yuans (l'équivalent de 67 milliards de dollars au cours actuel), soit une baisse de 38% par rapport à 2014, d'après ces statistiques.

La Chine va financer pour plus de deux milliards de dollars de travaux afin de rénover la ligne de chemin de fer reliant Dakar à Bamako. Les travaux devraient durer au moins quatre ans et donner un sérieux coup de frais aux échanges entre le Sénégal et le Mali. Le Français Advens paye quant à lui les pots cassés.