Une affaire de corruption éclabousse CEFC

Le groupe pétrolier chinois CEFC China Energy a fermement démenti être impliqué dans une affaire de corruption de hauts responsables au Tchad et en Ouganda dans le viseur de la justice américaine, qui a inculpé un ex-ministre sénégalais dans ce dossier.

Le ministère américain de la Justice a annoncé lundi l'inculpation de Cheikh Gadio, ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal, et de l'ex-responsable politique hongkongais Chi Ping Patrick Ho.

Ils sont accusés d'avoir corrompu pendant plusieurs années des hauts responsables au Tchad et en Ouganda afin d'obtenir des avantages pour une entreprise pétrolière chinoise, à coups de pots-de-vin représentant plusieurs millions de dollars, selon le communiqué du ministère. Ils sont soupçonnés d'avoir fait transiter près d'un million de dollars par l'intermédiaire du système bancaire new-yorkais.

Le ministère américain ne mentionnait pas le nom de l'entreprise chinoise impliquée. Mais M. Ho est à la tête d'une organisation appelée China Energy Fund Committee, basée à Hong Kong et entièrement financée par le conglomérat chinois CEFC China Energy.

Or, dans un communiqué posté en ligne dans la nuit de mardi à mercredi, CEFC China Energy a farouchement démenti être impliqué dans les faits de corruption visés par la justice américaine.

Le China Energy Fund, dont Patrick Ho est le secrétaire général, "est une ONG (...) complètement financée par CEFC China" mais qui vise "à promouvoir la recherche internationale (...) et les échanges de coopération énergétique": ce fonds "n'est impliqué dans aucune des opérations commerciales de CEFC Energy China", insiste le conglomérat chinois.

Par ailleurs, poursuit le communiqué, CEFC China "n'a aucun investissement en Ouganda", tandis qu'au Tchad, il n'a qu'un investissement lié au taïwanais CPC Corporation, et "n'a en conséquence engagé aucune +relation intéressée+ avec le gouvernement tchadien".

Le groupe assure, enfin, "bannir strictement toute activité contraire à la loi et à la discipline".

Dans l'ombre des mastodontes étatiques du secteur énergétique chinois, CNPC et Sinopec, CEFC China Energy ne cache pas ses ambitions internationales. Il a réussi le mois dernier un coup d'éclat en concluant un accord pour racheter une participation de 14,2% dans le géant russe du pétrole Rosneft.

Patrick Ho avait été secrétaire des Affaires intérieures du gouvernement hongkongais entre 2002 et 2007. Il était également pendant plusieurs années membre de l'assemblée parlementaire consultative chinoise.

M. Ho aurait, selon la justice américaine, distribué des cadeaux tout en promettant d'autres avantages: le partage des profits d'une société commune ainsi que l'acquisition potentielle d'une banque en Ouganda, en vue d'obtenir des avantages pour l'entreprise énergétique chinoise, pour laquelle il jouait le rôle d'intermédiaire.

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