Les partenariats public-privé en pleine expansion en Afrique

Les pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient et d'Afrique du nord ont de plus en plus recours aux partenariats public-privé (PPP) pour financer leurs projets d'investissement, un "bouleversement" lié à la chute du prix du baril, selon un rapport publié mercredi.

De la Libye à l'Iran, les projets de PPP ont plus que doublé l'an dernier, atteignant 155 milliards d'euros, indique une étude de la revue spécialisée Middle East Economic Digest (MEED).

Cette tendance nette témoigne de l'effort consenti par les gouvernements de la région pour attirer les investisseurs privés, y compris pour les projets d'infrastructures qui relevaient jusque-là essentiellement d'un financement public.

Elle constitue "un des bouleversements les plus significatifs dans le paysage financier du Moyen-Orient depuis la nationalisation des industries pétrolières au début des années 1970", avance le rapport.

Le recours accru aux PPP s'explique par la nécessité, pour ces gouvernements, de palier la chute des cours du pétrole depuis 2014: après avoir dépassé les 110 dollars le baril, ce cours est descendu à moins de 60 dollars.

Soulignant que cette chute pèse sur la croissance au Moyen-Orient, le Fonds monétaire international (FMI) a récemment indiqué qu'il prévoyait une moyenne de 50,3 dollars le baril en 2017, et un maintien autour de 50 dollars jusqu'en 2022.

Dans son étude --qui ne tient pas compte des investissements dans le secteur stratégique de l'énergie--, le MEED indique encore que le Koweït arrive en tête des pays de la région ayant recours aux PPP, à hauteur de 44,4 mds de dollars (37,5 mds d'euros), devant la Libye (30,4 mds EUR), les Emirats arabes unis (23,3 mds EUR) et l'Iran (12 mds EUR).

Le montant de ces PPP en Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, n'atteint en revanche que 14,3 milliards d'euros sur un an, selon la même source.

Les deux tiers des projets recensés, d'un montant cumulé de 100 milliards de dollars, sont encore dans leurs phases préliminaires, et les appels d'offres devraient être attribués d'ici cinq à six ans, précise par ailleurs l'étude.

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