La France s'invite dans le dialogue Chinafrique

La tenue à Pékin, le 12 avril dernier, d’un forum d’affaires tripartie marque une nouvelle étape dans la construction de la coopération Afrique / Chine / France voulue notamment par les Chinois. L’ancien Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, était présent. Il a appelé à « gagner la confiance », avant une grande réunion politique qui doit se tenir à Dakar d’ici la fin de l’année.

"J’ai assisté à la plupart des entretiens entre les chefs d’Etat et de gouvernements français et chinois depuis une dizaine année, nous explique l'ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin. A chaque fois, cette approche trilatérale est abordée. Il est important d’apporter une réflexion et d’entendre les autorités chinoises, les entreprises françaises et d’écouter les Africains. Les Africains reconnaissent à la France un rôle de médiateur de la culture et de l’Histoire et ils sentent bien qu’ils ont besoin de la France pour avoir la confiance des Chinois".

"La France est plutôt à l’aise dans ce rôle de médiateur de la confiance entre ces deux cultures complexes que sont l’Afrique et la Chine. Si le sommet de Dakar entre les Premiers ministres français, chinois et africains peut se tenir dans un délai raisonnable - ce que je crois - alors nous passerons ensuite à un stade opérationnel, notamment dans la gouvernance du fonds". Un fonds de deux milliards d'euros, abondé conjointement par la Caisse des dépôts et consignation et le Fonds souverain chinois, pour financer des projets communs en Afrique.

Cette deuxième rencontre tripartite après celle de Paris le 15 février dernier, était donc l'occasion de rassembler à Pékin une centaine d'acteurs venus de tous les horizons et de les entendre. Entreprises, experts, diplomates et représentants des différents ministères et institutions impliqués dans cette coopération portée sur les fonts baptismaux en juin 2015, lors de la venue en France du Premier ministre chinois Li Keqiang, se sont ainsi exprimés tout au long de cette journée.

"L'Afrique a d'énormes besoins"

"Depuis dix-huit mois il y a beaucoup de réunions de haut niveau entre Français et Chinois sur cette coopération tripartite", explique Jean-Pascal Tricoire à Chinafrica.info. Celui qui préside le Comité France Chine (CFC) en pointe sur ce dossier et aussi à la tête de Schneider Electric depuis 2006. Ce grand patron français installé à Hong Kong est un partisan de ce partenariat sino-français en Afrique et nous précise même avoir créé une équipe dédiée aux investissements Chine Afrique.

"L’Afrique a d’énormes besoins dans les domaines des infrastructures, de l’agriculture, de la santé ou de l’énergie. Mais il y a aussi des inquiétudes à travailler ensemble avec les risques potentiels de concurrence, explique Jean-Pascal Tricoire. Les entreprises chinoises n’ont pas forcément les solutions qui répondent aux normes et aux attentes des pays africains. Donc il y a là une complémentarité évidente entre nous".

La rédaction

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