La Chine remet le Sénégal et le Mali sur les rails

Côté Sénégal :

La Chine va financer pour plus d'un milliard d'euros la rénovation d'une voie de chemin de fer au Sénégal, un axe important pour les échanges avec le Mali voisin mais en dégradation avancée, indique un communiqué du ministère sénégalais des Infrastructures.

Le ministère et la China Railway Construction Corporation International, une entreprise publique, ont signé mardi un accord d'un montant de 754 milliards de FCFA (plus d'un milliard d'euros) pour "la réhabilitation complète" de la ligne Dakar-Kidira (environ 645 km), selon ce communiqué.

Le projet est financé par le gouvernement chinois à "un taux concessionnel maximum de 2% pour une durée de remboursement de 30 ans".

15% du montant du contrat, soit 113 milliards de FCFA (plus de 172 millions d'euros), seront exécutés par des entreprises sénégalaises. Les travaux, d'une durée de quatre ans, vont générer 20.000 emplois pour le Sénégal, précise le communiqué du ministère sénégalais.

Lors de la cérémonie de signature du contrat, le ministre sénégalais chargé des Infrastructures, Mansour Elimane Kâne, s'est dit "convaincu que le Mali, avec qui le Sénégal partage la ligne, fera de même avec l'entreprise chinoise".

La ligne Dakar-Kidira, en territoire sénégalais, est une partie de la voie ferrée Dakar-Bamako (1.286 km) qui relie les capitales du Sénégal et du Mali.

Le mauvais état de cette voie, construite pendant la colonisation française, a poussé les gouvernements sénégalais et malien à dénoncer début décembre la concession, d'une durée initiale de 25 ans, qui les liait depuis douze ans au groupe français Advens.

Dakar et Bamako se sont plaints de l'absence d'investissements sur la ligne par Advens qui détenait une participation majoritaire au capital de Transrail. Cette société basée à Bamako, était depuis 2003 chargée de l'exploitation du chemin de fer Dakar-Bamako.

Selon les autorités des deux pays, le trafic entre le Sénégal et le Mali a beaucoup chuté à cause du mauvais état du rail et de la concurrence de la route.

La quantité de marchandises transportées sur cet axe représente "moins de 300.000 tonnes par an alors que le potentiel est de 3 à 4 millions de tonnes", a affirmé récemment le directeur général de l'Agence nationale des chemins de fer du Sénégal, Abdoulaye Lô.

Côté Mali :

La Chine va débourser plus d'1,3 milliard d'euros (850 milliards de FCFA) pour la rénovation du tronçon malien de la ligne de chemin de fer Bamako-Dakar, une voie stratégique pour les échanges entre les deux pays mais en mauvais état, a-t-on appris lundi auprès du ministère malien des Transports.

La ligne de chemin de fer qui relie la capitale malienne à la ville de Diboli, à la frontière sénégalaise, est un tronçon de la voie Dakar-Bamako, longue de 1.286 km qui relie les capitales du Sénégal et du Mali. Dakar a déjà conclu le 22 décembre avec la Chine, pour plus d'un milliard d'euros, un contrat similaire de rénovation de la partie de cette ligne sur son territoire.

Le contrat de réhabilitation du tronçon malien, d'environ 600 km, a été signé samedi par le ministre malien chargé des Transports, Mamadou Hachim Koumaré, et un représentant de la China Railway Construction Corporation International, une entreprise publique, a-t-on appris auprès du ministère.

Le projet inclut aussi "la formation des ingénieurs et techniciens maliens des chemins de fer, la réhabilitation de vingt-deux gares" ainsi que d'une voie intérieure.

Financé par le gouvernement chinois à "un taux concessionnel maximum de 2% pour une durée de remboursement de 30 ans", il "permettra de relancer les activités d'un secteur en panne", indique un document du ministère consulté par l’AFP.

La voie Dakar-Bamako est stratégique pour les échanges entre le Sénégal et le Mali, pays enclavé et sans ouverture sur la mer, dont une partie des marchandises passent par le port de Dakar.

Le mauvais état de cette voie ferrée, construite pendant la colonisation française, a poussé les gouvernements sénégalais et malien à dénoncer début décembre la concession, d'une durée initiale de 25 ans, accordée depuis douze ans au groupe français Advens.

Dakar et Bamako se sont plaints de l'absence d'investissements sur la ligne par Advens, actionnaire majoritaire de Transrail, la société chargée depuis 2003 de l'exploitation du chemin de fer Dakar-Bamako.

Selon les autorités des deux pays, le trafic entre le Sénégal et le Mali a beaucoup chuté à cause du mauvais état du rail et de la concurrence de la route.

Le Sénégal et le Mali retirent la concession ferroviaire Dakar-Bamako au français Advens

Les Etats du Sénégal et du Mali ont résilié dans la foulée la concession qui les liait depuis 12 ans au groupe français Advens pour la gestion du chemin de fer Dakar-Bamako, a-t-on appris jeudi de source officielle sénégalaise.

Le contrat de concession liant les deux pays à Advens, via sa filiale Transrail, a été "résilié la semaine dernière. La décision a été signée par quatre ministres sénégalais et maliens, deux chargés des Finances et deux autres" des transports ferroviaires, a déclaré Abdoulaye Lô, directeur général de l'Agence nationale des chemins de fer du Sénégal, sans évoquer d'éventuelles indemnisations à payer au groupe français.

"C'était une concession de 25 ans" mais depuis qu'elle dure, "aucun investissement n'a été fait ni sur la voie ni sur le matériel. Le concessionnaire n'a jamais voulu investi un seul centime. Tout est dégradé", a-t-il affirmé.

Le trafic sur l'axe Dakar-Bamako fait, selon lui, "moins de 300.000 tonnes par an alors que le potentiel est de 3 à 4 millions de tonnes" de marchandises.

Il a beaucoup chuté ces dernières années en raison notamment du mauvais état du chemin de fer et de la concurrence de la route. 

Advens possède, depuis 2003, une participation majoritaire du capital de Transrail, société basée à Bamako et en charge depuis cette date de l'exploitation du chemin de fer Dakar-Bamako, entre les deux capitales, et long de 1.286 km. 

Le reste du capital de Transrail est notamment détenu par la société Getma (France), le Port de Dakar et des privés maliens et sénégalais. La direction de Transrail s'est refusée à tout commentaire.

Au bout des trois mois de préavis, "une équipe sénégalo-malienne va prendre le relais (de Advens) pendant un an et chercher un nouveau concessionnaire", a dit M. Lô.

Le groupe français Advens, dont le patron est le Franco-Sénégalais Abbas Jaber, a par ailleurs conclu fin octobre un accord à l'amiable avec le gouvernement sénégalais pour sortir du capital de la principale entreprise d'huilerie du pays,  la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos), rebaptisée Suneor.