L'usage du yuan dans le monde recule

L'usage du yuan dans les paiements internationaux s'est encore effrité en décembre, plombé par une dépréciation persistante et les stricts contrôles de capitaux imposés par Pékin : un revers pour la Chine, qui désirait accélérer l'internationalisation de sa monnaie.

Le renminbi (autre nom du yuan) a été utilisé le mois dernier dans 1,68% des paiements transfrontaliers dans le monde contre 2% le mois précédent, et 2,31% en décembre 2015, a indiqué la société financière Swift dans un rapport jeudi.

La "monnaie du peuple" retrouve donc le sixième rang des devises les plus utilisées, derrière le dollar canadien (1,93%) et loin derrière le dollar américain (42%).

En valeur, les paiements internationaux en yuans ont chuté de 15% sur un mois en décembre et de 29,5% sur l'ensemble de 2016.

Un revers pour Pékin, qui ne ménage pas ses efforts pour doper le statut du renminbi et en faire une devise de référence, à coup d'accords d'échanges avec de grandes banques centrales, de quotas d'investissements et de chambres de compensation en yuans à l'étranger.

A la grande satisfaction du régime communiste, la monnaie chinoise a même intégré les droits de tirage spéciaux, l'unité de compte du Fonds monétaire international.

Pourtant, le yuan a vu son étoile pâlir en 2016: l'essoufflement de la croissance de la deuxième économie mondiale --au plus bas depuis 26 ans-- va de pair avec une dégringolade du cours du renminbi à son plus faible niveau depuis huit ans face au dollar.

Le pays continue certes d'encadrer sa monnaie, qui fluctue autour d'un taux pivot déterminé par la banque centrale, mais il ne peut faire abstraction des pressions du marché.

Or, le yuan pâtit de colossales fuites de capitaux hors du pays --ce qui incite Pékin à durcir les restrictions sur les conversions de devises et les transactions transfrontalières: pas de quoi rendre le yuan attrayant.

Face à un dollar qui devrait continuer de se renforcer, grâce à la relance économique promise par Donald Trump aux Etats-Unis, "le yuan restera sous pression et des contrôles de capitaux encore plus sévères sont à prévoir", commente Julian Evans-Pritchard, analyste du cabinet Capital Economics.

L'effritement de l'usage du yuan n'est pas "un revers permanent" pour Pékin, mais "je ne pense pas qu'on verra un quelconque progrès sur les deux prochaines années. L'internationalisation du yuan est toujours sur +pause+", insiste-t-il.

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