Chine-Turquie : même combat !

Ankara s'est engagé jeudi à "éliminer" sur son territoire les forces "anti-chinoises", signalant un changement de pied de la Turquie, traditionnellement proche de la minorité ouïghoure, une ethnie turcophone musulmane du nord-ouest de la Chine.

"Nous considérons la sécurité de la Chine comme notre propre sécurité", a déclaré à Pékin le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, lors d'une conférence de presse avec son homologue chinois Wang Yi, à l'issue d'un entretien lors duquel les deux pays se sont engagés à travailler de concert contre "le terrorisme".

"Nous ne tolérerons absolument aucune activité hostile à la Chine en Turquie (...) et nous prendrons des mesures pour éliminer les informations de presse dirigées contre la Chine", a promis le chef de la diplomatie d'Ankara.

Ces propos surviennent alors que Pékin a engagé une vaste opération de renforcement de la sécurité dans la région autonome du Xinjiang, qui abrite la minorité ouïghoure.

Une partie des Ouïghours se plaint de discriminations religieuses et socio-économiques. Et une frange radicalisée a commis ces dernières années des attentats à l'arme blanche et à l'explosif qui ont fait des centaines de morts dans la région et le reste de la Chine

La Chine accuse des "séparatistes" islamistes liés à des groupes étrangers d'être derrière les violences, et impose une sécurité draconienne dans la région.

La Turquie a traditionnellement défendu cette minorité, qui parle une langue apparentée au turc. Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait même accusé en 2009 Pékin de commettre "une sorte de génocide" au Xinjiang.

Des manifestations anti-chinoises violentes s'étaient produites en 2015 en Turquie.

Mais les liens entre Ankara et Pékin se sont réchauffés à mesure que le régime du président Erdogan s'éloigne des pays occidentaux. La Turquie voit ainsi dans la Chine un partenaire économique crucial lui permettant de faire contrepoids aux pays de l'Union européenne.

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