Un baron de l'or noir chinois placé sous enquête

Les entités cotées du conglomérat chinois CEFC China Energy, engagé dans le rachat de 14% du russe Rosneft, dégringolaient jeudi en bourse après des informations de presse faisant état du placement sous enquête du patron du groupe.

Ye Jianming, fondateur et président de CEFC China Energy, a été placé "sous enquête" par les autorités chinoises, a rapporté sans autres précisions le respecté magazine financier Caixin, citant des sources proches du dossier.

Conglomérat privé basé à Shanghai et spécialisé dans les services énergétiques et la finance, CEFC avait annoncé en septembre le rachat de 14% du capital du géant semi-public russe du pétrole Rosneft, pour un montant évalué à 9 milliards de dollars.

Selon les sources interrogées par Caixin, l'enquête visant M. Ye pourrait compromettre la finalisation de l'opération, que CEFC aurait déjà grand peine à financer en raison des réticences des banques chinoises.

CEFC n'a pas répondu aux sollicitations pour commenter l'article.

Ces informations ont fait s'effondrer les cours des entités cotées du groupe, lesquelles tentaient se distancer du patron de leur maison-mère.

A la Bourse de Hong Kong, CEFC Hong Kong Financial Investment dévissait notamment de 22,8% à la mi-journée, malgré un communiqué assurant que "M. Ye n'occupe aucune responsabilité au sein de (notre) firme".

En Chine, où le secteur énergétique reste largement dominé par les géants étatiques Sinopec et CNPC, le groupe privé CEFC fait figure d'exception. 

Un groupe présent en Afrique

Etabli en 2002, il a multiplié les rachats jusqu'à devenir un mastodonte affichant 34 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2015. Il a investi en Afrique, au Moyen-Orient ainsi qu'en République tchèque (transports, club de football Slavia Prague). 

Un succès qui attise les spéculations sur les liens de ses dirigeants avec les autorités.

Ces derniers mois, le gouvernement chinois resserre l'étau sur les grands conglomérats privés du pays. Pékin a récemment pris le contrôle de l'assureur Anbang dont le patron est poursuivi pour "crimes économiques".

Parallèlement, une enquête anticorruption américaine a attiré l'attention sur CEFC China Energy, avec l'inculpation en novembre aux Etats-Unis de deux hommes dont un ex-responsable politique hongkongais lié à CEFC.

Ils sont accusés d'avoir versé des pots-de-vin au Tchad et en Ouganda en contrepartie d'avantages commerciaux pour une firme énergétique chinoise non nommée. CEFC a démenti être impliqué.

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