La Chine va restreindre les investissements de ses groupes d'Etat à l'étranger

La Chine va restreindre drastiquement les investissements conduits par des groupes étatiques chinois à l'étranger dans certains secteurs, a annoncé le gouvernement, qui tente d'endiguer de colossales fuites de capitaux hors du pays en réduisant l'envolée d'acquisitions "irrationnelles".

La Sasac -- l'agence chinoise qui administre les 102 groupes étatiques dépendant du gouvernement central -- va élaborer une liste de secteurs où les investissements à l'étranger seront désormais interdits ou placés sous étroite supervision, selon un communiqué gouvernemental diffusé mercredi.

Aucune précision n'a cependant été donnée sur les secteurs concernés ou le calendrier.

Mais à en croire le quotidien officiel China Daily, la liste devrait inclure les industries lourdes et polluantes, ainsi que les secteurs vulnérables aux fluctuations des cours des matières premières (énergie, mines, immobilier ou encore pétrole).

A l'inverse, les groupes d'Etat seront encouragés à poursuivre leurs acquisitions dans des secteurs considérés comme stratégiques par Pékin, tels que le train à grande vitesse, les télécommunications ou le nucléaire, a tempéré la vice-présidente de la Sasac, Huang Danhua, citée par le quotidien.

Les investissements chinois à l'étranger ont bondi de 44% en 2016, à 1.130 milliards de yuans (154 milliards d'euros au taux actuel), dépassant à nouveau les investissements de groupes étrangers en Chine, selon des chiffres du gouvernement.

Aucun secteur n'est oublié, du football au cinéma, des technologies high-tech au tourisme, avec des montants parfois vertigineux.

Début 2016, le géant étatique ChemChina avait annoncé le rachat de l'agrochimiste suisse Syngenta pour 43 milliards de dollars, opération colossale toujours en attente d'un feu vert des régulateurs européens.

Pendant longtemps, Pékin encourageait ses entreprises à s'internationaliser tous azimuts pour s'assurer de nouveaux débouchés, des approvisionnements, et acquérir des technologies.

Mais depuis peu, le refrain a changé: début décembre, le gouvernement déclare ainsi la guerre aux investissements "irrationnels" à l'étranger, en particulier dans le sport et le divertissement.

Les autorités sont d'autant plus enclines à mettre le holà que nombre de ces transactions sont réalisées à crédit -- alors que la dette chinoise (privée et publique) s'est déjà envolée à 250% du PIB.

Surtout, Pékin chercher à juguler à tout prix une colossale hémorragie de capitaux hors du pays, qui aurait représenté 730 milliards de dollars en 2016 selon une estimation Standard Chartered, et qui alimente la sévère dépréciation du yuan.

Plusieurs médias financiers rapportaient dans le même temps le projet des autorités d'interdire la plupart des investissements de plus de 10 milliards de dollars. Les acquisitions supérieures à 1 milliard de dollars sortant des "activités fondamentales" du groupe chinois concerné seraient également bannies.

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