Le Soudan et l'Ethiopie rejoignent la banque de développement

La Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (BAII), lancée par Pékin, a annoncé jeudi avoir approuvé l'adhésion de 13 nouveaux membres, dont le Canada --une prise de choix après le refus obstiné des Etats-Unis d'y prendre part.

Cette nouvelle banque de développement, née en 2015 d'une initiative chinoise, a approuvé l'intégration, entre autres, de Hong Kong (un territoire chinois doté d'une large autonomie), de trois Etats européens (Belgique, Irlande, Hongrie), du Venezuela et du Pérou, et du Canada.

Ils rejoindront officiellement la BAII après avoir réalisé leur premier dépôt de capital et finalisé les procédures internes propres à chaque pays, a indiqué l'institution, qui comptera alors 70 membres.

Ottawa avait dévoilé sa candidature en grande pompe en août 2016 lors d'une rencontre entre le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, soucieux de relancer les relations sino-canadiennes.

Cet appui canadien est bienvenu pour la Chine, en butte à la défiance des Etats-Unis et du Japon.

Ces deux derniers refusent de s'associer à la BAII, s'inquiétant de possibles critères de gouvernance au rabais, et surtout du risque que Pékin l'utilise pour favoriser ses entreprises et servir ses propres intérêts géopolitiques.

A contrario, le Canada avait estimé pour sa part être en mesure "d'aider la banque au niveau de sa gouvernance".

"Si nous devenons le premier pays d'Amérique du Nord à rejoindre la BAII, je suis sûr que nous apporterons des positions constructives et équilibrées", avait assuré l'an dernier le ministre des Finances canadien Bill Morneau. 

La BAII, dont les statuts fondateurs ont été signés en juin 2015, vise à financer des projets d'infrastructures en Asie, pour lesquels les capitaux font gravement défaut. Mais sur 57 membres fondateurs, une vingtaine étaient occidentaux, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni.

Bien que Pékin s'en défende farouchement, la nouvelle institution constitue de facto un contrepoids à la Banque mondiale et à la Banque asiatique de développement, respectivement contrôlées par... les Etats-Unis et le Japon.

Et le projet de la BAII s'est nourri du mécontentement des pays émergents, qui se jugent insuffisamment représentés dans les institutions financières multilatérales.

La Chine cherche déjà activement à renforcer son influence diplomatique à travers l'Asie, à coups d'investissements massifs dans le cadre de "nouvelles routes de la Soie", et elle a mis sur pied une banque de développement propre aux Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

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