Banque Mondiale

La Banque mondiale veut éradiquer la pauvreté sur le globe mais son offensive s'arrête encore aux frontières de l'Iran, en dépit de l'allègement des sanctions contre Téhéran et des besoins économiques criants du pays. L'institution semble, de fait, réticente à se réengager dans un pays où elle avait cessé tout nouveau projet en 2005 pour se mettre en conformité avec les sanctions internationales imposées à Téhéran pour son programme nucléaire. En attendant, le pays commence à se détourner de la Banque mondiale, dominée par les Occidentaux, pour se rapprocher d'institutions alternatives. L'Iran est ainsi un des membres fondateurs de la banque de développement chinoise pour les infrastructures (BAII) et cherche à rejoindre la banque fondée par les grands pays émergents des Brics.

Cinquante-sept États ont finalement été acceptés en tant que membres fondateurs de la banque asiatique dans les infrastructures (AIIB) mise en place à l'initiative de la Chine. Ils négocieront les statuts de cette nouvelle institution, malgré les réticences de Washington.

Ralentissement de la croissance en Chine, conséquences de l'épidémie d'Ebola en Afrique, relance de la croissance mondiale : le FMI et la Banque mondiale vont avoir fort à faire lors de leurs réunions de printemps qui s'ouvrent ce jeudi à Washington.

Christine Lagarde a déjà donné le ton la semaine dernière en évoquant "la nouvelle médiocrité" qui, selon elle, marque la situation économique internationale. "Il y a six mois, j'avais mis en garde contre le risque d'une nouvelle médiocrité, c'est-à-dire une faible croissance pendant longtemps.

La croissance mondiale "est tout simplement insuffisante", a-t-elle affirmé le 9 avril lors d'un discours à Washington.

La Banque mondiale a une nouvelle fois réduit lundi ses prévisions de croissance pour l'Asie de l'Est en 2015 sur fond d'essoufflement chinois et d'enchérissement du dollar.

Après une croissance de 7,4% en 2014, l'économie de la Chine devrait progresser de 7,1% cette année alors que la Banque mondiale attendait 7,2% dans ses dernières prévisions en octobre 2014.

La Banque mondiale s'inquiète de l'effet des réformes structurelles "engagées sur la voie d'une croissance plus durable" compte du tenu "de la faiblesse de l'économie réelle et des vulnérabilités du système financier"...